28 avril 2009

Dire non au non...

A l'heure où tout le monde parle de l'ebook, où les commissions, les déclarations et les propositions s'enchainent pour réfléchir, prévoir, anticiper, et autre verbes à l'infinitif, quelques entreprises se sont (quand même) dit que le livre en papier n'allait pas mourir demain voire ne mourrait peut-être pas tout court (encore heureux!).

Et donc, en parallèle du livre électronique et des réflexions sérieuses sur les dangers du piratage (non non, vous n'allez pas y couper, un nouveau domaine vient de tomber aux mains des angoissés du piratage), on voit apparaître de nombreuses réflexions sur "l'impression à la demande".

C'est quoi cette nouvelle bête ?

Et bien en fait, elle n'est pas nouvelle du tout cette bestiole, de nombreux imprimeurs proposent déjà ce service. Mais cette activité était jusque-là relativement cantonnée à l'impression de livres à compte-d'auteur par exemple. L'actualité est plutôt dans la reprise de ce système par les distributeurs et par les éditeurs eux-mêmes.
Ebooks ou pas, avec la conjoncture économique actuelle, la crise de la presse et les chiffres pour le moins fluctuants des ventes et de la lecture de livres, les éditeurs commencent à explorer de nouvelles voies pour satisfaire leurs clients et survivre.

En l'occurence, il s'agira de valoriser des fonds épuisés, mais encore recherchés. Mise en situation :
"Je rêve de ce bouquin génialissime dont j'avais lu quelques lignes il y a 15 ans, il faut absolument que je le retrouve... Oh non ! Il est épuisé ! Même en occasion je ne le trouve nul part ! Mais que faire ?"
Et hop, miracle de la technologie moderne (comprendre : heureusement que les coûts et les vitesses d'impression diminuent), un coup de fil à l'éditeur prévoyant et empressé de satisfaire nos désirs et voilà en quelques jours le-dit livre imprimé juste pour nous, tout neuf... parfait...

Et plus concrètement ?

Sarcasme mis à part, il s'agit d'une vraie bonne idée. Si les éditeurs commencent à y réfléchir, plusieurs entreprises ont déjà investi le créneau en proposant des rayonnages d'ouvrages épuisés et que l'on peut faire imprimer en quelques clics. Et pour une fois, il semble que personne ne trouve à râler.
Les éditeurs et les auteurs continuent de valoriser dans la durée leurs oeuvres, de nouveaux intermédiaires apparaissent ou des distributeurs existants diversifient leur activité, les libraires n'ont plus à décevoir leurs clients et nous lecteurs pouvons toujours retrouvé comme neuf l'objet de nos désirs littéraires.
Et plus largement, les personnes soucieuses de l'environnement et réfractaires au gaspillage inutile auront moins à se plaindre. Avouons-le, le système éditorial actuel d'impressions anticipées provoque des coûts financiers supplémentaires pour toute la filière (gestion des stocks, des retours, ...) et conduit au pilon des centaines de milliers de livres (et donc autant de bois et papier inutilement produits, de pollution émise etc).
Si le système prend forme et se démocratise, la part de prémonition des volumes de ventes pourra être fortement réduite au profit de faibles tirages et de micro-impressions à la demande tout au long de la vie des oeuvres. Et même avec une vente par an, un livre continuera de vivre.

Pour quelques exemples

Pour en savoir un petit peu plus, voici deux articles présentant la vision de deux acteurs de l'impression à la demande Books on Demand et UniBook.

Posté par Mochio à 10:52 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Dire non au non...

    J'attends de voir si ça marche bien, quand-même, parce que même en librairie, quand un éditeur te dit qu'il va rééditer un bouquin il faut des fois attendre 6 moins voire plus... menfin sur le principe, c'est cool

    Posté par Guildeluec, 29 avril 2009 à 12:24 | | Répondre
  • Gnarf, on peut pas corriger son commentaire, je voulais pas dire rééditer mais réimprimer !!(vi, parce que rééditer c'est pas pareil...)

    Posté par Guildeluec, 29 avril 2009 à 12:25 | | Répondre
  • Visiblement ça a l'air de fonctionner assez rapidement. Certains distributeurs proposant de gros catalogues en ligne tiennent des délais de une à deux semaines (c'est à peu près la même attente quand on achète un livre d'occasion en ligne à un particulier).

    Et puis je viens de lire ça ce matin : une librairie Blackwell propose l'impression à la demande dans le magasin en moins de 10 minutes (avec un 400 000 titres possibles, dont des classiques et des livres en rupture)... Bref impressionnant et la qualité semble la même (parce que si c'est pour avoir un espèce de pavé de papier gondolé, ce n'est pas la peine hein).

    Ici l'article complet : http://www.actualitte.com/actualite/10021-crime-chatiment-neuf-minutes-chaud.htm

    Posté par Mochio, 29 avril 2009 à 13:31 | | Répondre
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